Par Jean Etienne, Futura-Sciences 

Une équipe de chercheurs de l’université de Dalian (Chine) et d’Orégon (Etats-Unis) ont expérimentalement mis en évidence l’effet bénéfique de la méditation sur les performances de l’esprit en situation de stress.

On se doutait bien que méditation et relaxation devaient favoriser les performances intellectuelles. Mais une équipe de scientifiques a voulu le vérifier expérimentalement selon un protocole rigoureux. Quarante volontaires ont été sélectionnés aléatoirement parmi des étudiants préparant une thèse universitaire, ainsi qu’un groupe témoin. Tandis que le groupe d’expérimentation recevait cinq jours de formation à la méditation selon une technique classique nommée integrative body-mind training (IBMT), le groupe témoin ne recevait que cinq journées de formation à la relaxation. Divers tests sur base d’efforts mentaux et de réflexion ont été effectués selon un protocole identique pour les deux groupes, avant et après la formation.

On peut apprendre à rester cool

Les essais reposaient sur la résolution mentale de problèmes mathématiques en état de stress. Avant leurs formations respectives, les deux groupes montraient une élévation significative du taux de cortisol, une hormone du stress facile à mesurer à partir d’un échantillon de sang ou de salive. Mais après cette formation à la méditation ou à la seule relaxation, le groupe d’expérimentation présentait une moindre concentration en cortisol, traduisant une meilleure adaptation et une meilleure réaction face à une situation de stress. Le même groupe a aussi montré moins de prédisposition à la fatigue et à la colère, ainsi qu’à l’inquiétude et à la dépression, ce qui n’était pas le cas pour le groupe de contrôle.

Selon le professeur Yi-Yuan Tang, de l’Institute of Neuroinformatics and Laboratory for Body and Mind at Dalian University of Technology de Dalian (Chine), la méthode IBMT se révèle efficace pour aider à améliorer le rendement émotif et cognitive ainsi que le comportement social d’un individu face à une situation stressante. Développée en 1990 et étudiée scientifiquement en Chine depuis 1995, cette technique se base sur un meilleur contrôle de la pensée obtenu à la fois par un degré plus élevé de la conscience et d’un état de vigilance accru, le tout sous l’influence des instructions d’un maître et d’une musique apaisante.

L’étude, dont les résultats seront publiés en fin de cette semaine dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), ne comportait pas de mise en évidence d’éventuelles modifications au niveau du cerveau, bien que des changements synaptiques aient été précédemment suggérés au cours d’expériences similaires. Michael I. Posner, professeur émérite en psychologie de l’université de l’Oregon, annonce que cet aspect fera partie de la prochaine expérimentation, qui sera prochainement conduite sur une plus vaste échelle aux Etats-Unis et qui comprendra des examens du cerveau en temps réel par résonance magnétique nucléaire.

L’équipe de recherche conclut provisoirement cette étude en écrivant que l’IBMT se présente comme une voie aisée et pertinente pour obtenir un meilleur contrôle individuel en matière de cognition, d’émotivité et de comportement social

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